Comment le pardon peut-il nous libérer ?

 

Grâce Félix accompagne des personnes en fin de vie dans des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (ÉHPAD). Son principal défi est donner les moyens de vivre en paix avec soi-même et avec les autres jusqu’à son dernier souffle. Ses expériences sont fascinantes. Nous lui avons demandé d’en partager quelques unes ci-dessous :

 

J’ai toujours eu à cœur d’accompagner les personnes en fin de vie. Je crois qu’il est essentiel de se donner la capacité de pouvoir être en paix. Nous avons tous ce désir en nous de liberté. Mais lorsque l’on arrive en fin de vie, notre marche s’est souvent alourdie au fil des années, suite à des difficultés relationnelles.

Dernièrement, j’ai pu accompagner une dame dans sa fin de vie. Lorsque nous avons été présentés, aucun regard, aucun accueil, froide et distante, à la limite de l’associabilité.

Sans son accord, je ne pouvais me permettre de m’approcher d’elle trop vite ou trop près. Ce n’est que millimètre par millimètre que nous nous sommes entrevues, regardées, donné la permission de s’approcher, puis nous avons créé une relation pour arriver à se faire confiance petit à petit.

Très vite, je me suis aperçue qu’elle tournait en rond dans sa vie, c’est-à-dire qu’elle marchait, se trouvait devant une porte et ne voulant pas l’ouvrir, elle se remettait au point de départ et recommençait son parcours.
Elle a vécu des années comme cela, ne voulant rien lâcher et retenant tout.

Elle a vécu des années comme cela, ne voulant rien lâcher et retenant tout.

Petit à petit, son cœur s’est ouvert et c’est en étant invitée par ses soins que nous avons pu descendre dans les profondeurs de son enfance.
C’est là que j’ai compris qu’il y avait de la douleur, une fracture, des blessures, un sentiment d’abandon, ainsi que du désespoir, de la colère et de l’amertume qui lui pourrissaient sa vie. Tout cela avait gelé son cœur depuis 60 ans.

En effet, à sa naissance, sa maman se trouvant toute seule n’a pas pu subvenir à ses besoins. Quelques mois après, elle a apporté sa petite fille à un couple âgé dans une autre région. Elle y est restée 6 années.

Quel détachement maternel ! Elle n’a vu sa maman que trois fois durant toutes ces années, avec le déchirement de voir cette maman repartir à chaque fois : des journées de pleurs, de repli sur elle-même. Quelle déchirure !

À 6 ans, elle a été récupérée par une tante qu’elle ne connaissait pas, pour vivre chez elle durant 3 années. C‘est à l’âge de 9 ans qu’elle a été récupérée par sa maman qu’elle ne connaissait plus.

Le résultat : elle n’a pas pu avoir de liens maternels avec ses filles et ses petits-enfants, étant elle-même blessée, meurtrie, avec un cœur saignant tout le long de sa vie.

Bien des semaines et des mois ont été nécessaires pour elle, pour qu’elle puisse seulement entendre le mot « pardon ».

Envisager le pardon était un chemin douloureux qui non seulement l’a bloquée devant une porte que personne ne pouvait ouvrir (à part elle), mais cette porte l’a privée de vivre les bonheurs petits ou grands au quotidien.

Petits pas après petits pas, le travail d’acceptation a fait son chemin vers le cœur. Un jour, elle a accepté de libérer le pardon envers sa maman.

Toutes les deux, par téléphone, ont fondu en larmes. Ensemble, elles ont accepté de revenir sur cette période douloureuse pour se retrouver.
Quelle victoire…

Le résultat ne s’est pas fait attendre :

Le lendemain, son visage n'était plus le même. Son coeur libéré, elle rayonnait de paix, de joie, de sérénité. Toute l'atmosphère de sa chambre avait changé. Quelle victoire !

Le pardon ? Un chemin d’acceptation pour une grande libération.

C’est tout simplement … Un miracle !

Grâce

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