« J’ai pardonné, mais je n’ai pas oublié pour autant ! »

 

Cette phrase, nous l’avons tous entendue au moins une fois dans notre vie, au cours de conversations entre amis. Peut-être que toi aussi, tu l’as prononcée. C’est bizarre, non ? Ces mots en 2 parties se contredisent :

  • D’un côté : “J’ai pardonné”
  • De l’autre “Je n’ai pas oublié”

En reformulant, ça donne :“Allez, on n’y pense plus, je te pardonne ! On efface tout et on repart à zéro !”. Sauf que pour la plupart, oublier n’est pas si évident que ça : oublier la douleur, l’offense, la trahison, l’abandon, le rejet, l’agressivité, l’humiliation…

 

Donc, ce pardon n’a pas d’effet ? Pourtant, beaucoup d’entre nous “avons pardonné”… Enfin, semble-t-il… Et pourtant.

C’est ce que m’a raconté Lisa. Disposée à tourner la page le plus rapidement possible lorsqu’elle s’est séparée de son mari, elle lui a effectivement pardonné. Elle a vécu avec lui une véritable “guerre psychologique”, et 23 ans après le divorce, elle réalise qu’elle ressent encore l’effet des “bombardements” et des “balles sifflantes”.

Mariée par défaut

 

Lisa est née dans une famille chrétienne, avec un papa pasteur. Elle a grandi à travers une éducation stricte avec des valeurs bibliques qui l’ont toujours marquée et enracinée dans la foi. Pourtant, c’est pour échapper à son foyer qu’elle s’est mariée très jeune, à 19 ans.

Je suis sortie des jupes rassurantes de ma maman pour les pantalons inflexibles d’un mari militaire, de 7 ans mon aîné. C’était un choix conscient, car je savais déjà que j’allais commettre une grosse erreur”.

Cette grosse erreur, comme elle le dit, s’est rapidement transformée en cauchemar. Six mois après son mariage, elle réalise qu’elle va y laisser des plumes si elle ne réagit pas.

Lisa nous raconte son histoire, en nous décrivant la situation quelques 29 ans plus tôt.

 

« J’ai supporté tant bien que mal ma vie à deux, et le désert s’est formé autour de nous. Plus personne ne voulait nous fréquenter. J’étais très malheureuse, à même pas 20 ans. Mes amis ainsi que ma famille étaient gênés et impuissants face au comportement de mon mari. Tous les soirs, dans les derniers six mois de notre relation, je buvais un verre d’alcool fort pour devenir “zen” afin de ne pas ressentir l’impact des mots qui me blessaient.

Les humiliations permanentes, la maltraitance verbale et la solitude ont eu raison de moi. J’ai fini par craquer. J’ai demandé le divorce au bout de 5 ans et demi de mariage. Pour sauver ma peau. Je me suis enfuie de chez moi un soir d’été 1995, j’avais à peine 25 ans. J’allais enfin tourner la page. »

Pourtant, Lisa n’y est pas totalement parvenue, ce qu’elle nous expliquera un peu plus loin. Elle n’a pas pu oublier. Pas tout de suite. Pas encore.

“Je lui ai pardonné pour tourner la page”

« Je savais que le non-pardon était un facteur autodestructeur, ce que m’avaient également enseigné mes parents. Alors, pour prouver que j’avais pardonné à mon ex-mari, je racontais en riant ce que j’avais subi pendant mon mariage. Je ne ressentais rien, j’étais désinvolte, indifférente. J’avais tourné la page. Enfin, pas tout à fait ! C’est ce que j’ai réalisé bien plus tard… »

 

Explique-nous qu’elles ont été les conséquences de ce pardon non-entendu ?

 

Ce pardon n’est jamais venu, c’est un fait ! Il a eu l’effet d’un poison, avec des conséquences terribles pour moi, même si j’étais passée à autre chose. Oui, en apparence, j’étais une femme épanouie, souriante, joyeuse. J’étais devenue chef d’entreprise à 21 ans à laquelle tout semblait réussir ; je paraissais heureuse. Cependant, intérieurement, j’étais abîmée, angoissée, sans assurance, ni confiance en moi. À cause de ce que j’avais subi, j’étais devenue agressive, sur la défensive, susceptible et bourrée de peurs. “Moi, j’ai demandé pardon, pas lui ! Alors que c’est lui qui m’a fait du mal !”. Ce constat a longtemps nourri ma révolte et mon amertume. Je me suis emmurée dans la souffrance, et la peur d’être blessée à nouveau m’a empêchée d’avoir des relations saines.

Il y avait une conséquence pire que les précédentes : tous les mots blessants prononcés pendant près de 6 ans n’ont cessé de résonner en moi. Ils étaient ancrés si profondément que, dès que je vivais une situation d’échec, je les entendais, moqueurs, sournois et accusateurs. Cela a duré près de 23 ans.

Qu’as-tu alors mis en œuvre pour vivre avec ces conséquences ?

 

« C’est difficile à exprimer. C’est une période de ma vie dont j’ai longtemps eu honte, je l’avoue, car j’ai vécu à 200Km/h, me jetant corps et âme dans mon entreprise, négligeant tout le reste. J’ai limite renié mon éducation, coupé mes racines, tourné le dos à ma famille. Je me suis inventée tout un système de défense et une stratégie de survie. Ma volonté de m’en sortir par tous les moyens et par mes propres forces ont dénaturé mon identité, au point d’être devenue une “femme-homme”, volontaire et déterminée, à la tête de tout : de mon entreprise, de ma vie. Tout cela par obligation, par peur d’être à nouveau déçue, trahie et blessée. Je me suis alors barricadée derrière des murs épais de protection, par peur de souffrir. Et puis, je suis devenue peu à peu hermétique au bien, que je soupçonnais être de la manipulation, du mensonge.

Je me suis alors éperdument lancée dans le développement de mon entreprise et dans la recherche du bonheur. J’ai exploré d’autres voies, m’éloignant toujours plus de mes racines et de mon éducation. »

As-tu réussi à pardonner à ton ex-mari ?

 

« Aujourd’hui, oui, le pardon est total, mais le processus a été long. Très long : 23 ans !  Il s’est réalisé en 2 étapes : 15 ans après mon divorce, j’ai pu lui pardonner face à face, puis 8 ans plus tard, lors d’un séminaire, j’ai compris qu’il restait des ‘“racines d’amertume”, comme dit la Bible. J’ai pu “voir” alors mon ex-mari avec un tout autre regard : celui de la compassion. Il avait des “circonstances atténuantes”, que je préfère résumer ainsi.

Dieu fait croître patiemment cette graine d’amour qui me permet aussi de pardonner plus facilement à tous ceux qui peuvent m’offenser. »  

Depuis que tu lui as totalement pardonné, qu’est-ce qui a changé en toi ?

 

« Sincèrement ? Tout ! En “oubliant” vraiment les mots qui m’ont, pour ainsi dire, coupé les ailes pendant plus de 20 ans, j’ai avancé dans tous les domaines. J’ai retrouvé mon équilibre, grâce à ma foi en Dieu. Je n’ai plus peur de l’autre, des critiques (guérie de ma susceptibilité maladive), des déceptions, et de l’échec, qui m’apprend à progresser. Spirituellement, psychologiquement, je suis plus forte, ma confiance en moi est stable ainsi qu’envers les autres. Je ne crois plus que je suis une victime ou le bouc émissaire de quelqu’un. Tous mes feux sont au vert ! »

 

  • Si toi aussi, tu as vécu une histoire douloureuse ;
  • Si toi aussi tu n’as pas pu oublier ;
  • Si tu attends toujours ce mot – “pardon” – qui t’aurait permis d’avancer…

Il n’est pas trop tard. Découvre notre Coaching Vidéo ci-après, pour en apprendre davantage sur le pardon. Tu peux aussi le proposer à une personne autour de toi qui “n’a pas oublié, elle non plus”. 

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Bastien Cuenot

Bastien Cuenot

Marié et de nature passionné, j'aime plusieurs choses : ma femme, les voyages, apprendre à connaître ceux que je rencontre et Jésus. Ce qui m'amène à partager les clés que je découvre pour vivre une vie libre, épanouïe et pleine d'amour au travers du regard de la foi. Si toi aussi, tu as envie de partager cette foi vivante autour de toi, viens me rejoindre sur www.bastien-cuenot.com

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